Présidentielles 2017 : ce que disent les candidats sur l’avenir du sport français

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Dimanche 23 avril 2017 se déroulera le premier tour de l’élection du huitième Président de la Vème République.

Parmis les nombreux sujets, qui ont été abordés par les candidats, force est de constater que le sport n’est pas un élément mis à l’honneur.

En effet, dans le programme des candidats, la première occurrence suggérée lorsqu’on recherche le mot « sport » est le mot « transport ».

Pourtant ce secteur d’activité en pleine expansion, facteur de citoyenneté et d’éducation, représente près de 2% du produit intérieur brut français soit autant que le secteur de l’agriculture.

Sur la base des programmes de chacun des candidats à la fonction suprême, voici les propositions formulées concernant l’avenir du sport français :

Nathalie ARTHAUD

Bien que Nathalie ARTHAUD reconnaisse le caractère épanouissant du sport pour chaque individu, elle constate que le développement de ce dernier est devenu une marchandise de la société capitaliste, véhicule d’élitisme et de nationalisme.

C’est pour cette raison, qu’elle a décidé de s’opposer à la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024.

Pour cette candidate, il faut repenser l’organisation économique de notre société avec une vision plus humaine où, le sport serait proposé à tous et adapté à tous les âges, dans un esprit de collectivité.

Source : http://www.nathalie-arthaud.info/sport-80936.html

 

François ASSELINEAU

Pour François ASSELINEAU, le sport est un facteur de cohésion sociale, qui doit bénéficier au plus grand nombre.

Afin d’assurer l’égalité d’enseignement, il propose une aide financière destinée à garantir l’accès aux lieux d’apprentissage des sports.

Néanmoins, aucune précision n’est donnée concernant le mode de financement de cette mesure.

Par ailleurs, le sport permet de préserver l’intégrité physique et psychologique des personnes, il doit donc être vu comme un élément indispensable à l’aide à la réinsertion des détenus.

Ce candidat propose également d’encourager les actifs à associer le sport à leur vie professionnelle en les récompensant via, par exemple, un mécanisme de crédit d’impôts.

Source : https://www.upr.fr/wp-content/uploads/2011/01/Programme-Francois-Asselineau-2017.pdf

 

Jacques CHEMINADE

Dans son programme, Jacques CHEMINADE distingue le sport professionnel, du sport amateur pour formuler ses propositions.

Il propose donc, dans un premier temps, de financer le sport de proximité et d’associer le sport amateur à l’enseignement afin de rétablir le sport comme pédagogie du respect et de l’effort.

Néanmoins, aucune précision n’est mentionnée concernant le mode de financement du sport de proximité.

Dans un second temps, ce candidat souhaite préserver l’intégrité du sport professionnel, en prenant l’initiative de créer une mobilisation internationale.

Aucune précision n’est apportée concernant la mise en application de cette mesure.

Source : http://www.cheminade2017.fr/Jeunesse-un-nouveau-printemps-emancipateur-pour-la-France

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Afin de réduire les inégalités d’accès à la pratique sportive, Nicolas DUPONT-AIGNAN propose de financer des infrastructures adaptées aux personnes handicapées et de modifier les critères d’éligibilité aux subventions du CNDS (Centre National du Développement du Sport), en privilégiant les projets répondant à une situation de sous-équipement. Il envisage également, de doubler le nombre d’heures de sport en milieu scolaire et notamment en primaire.

[Soit 6 heures au lieu de 3 heures par semaine – Ndlr].

Toutefois, et dans le but d’accroître le rayonnement du sport français dans le monde, il suggère également un prélèvement d’environ 100 millions d’euros sur la part versée par la Française des Jeux au CNDS [En 2015, le financement de FJD était de 163,68 millions d’euros – Ndlr]. Cette somme permettra le financement des disciplines susceptibles de rapporter le plus de médailles aux Jeux Olympiques et Paralympiques. Par ailleurs, le nombre de disciplines bénéficiant des aides apportées, par l’Etat, pour le sport de haut niveau fera l’objet d’une restriction.

Ce candidat propose également une modernisation du mouvement sportif, afin de garantir non seulement une continuité professionnelle pour les sportifs, en les impliquant dans l’organisation des clubs, mais également en constituant une agence capable de lutter contre l’ensemble des dérives qui menacent le sport et son intégrité. [Cette dernière mesure n’étant pas détaillée, il y a lieu de s’interroger sur une éventuelle fusion des autorités existantes (AFLD, ARJEL, OCLAESP…) – Ndlr].

Il a également la volonté de remanier le fonctionnement des instances fédérales (encadrement des rémunérations des dirigeants et interdiction du cumul des mandats).

Source : http://www.nda-2017.fr/theme/sport

 

François FILLON

Afin de garantir l’accès au sport pour tous, François FILLON  propose, notamment, de maintenir le sport en milieu scolaire à 10% en primaire et 14% en secondaire [à ce jour, le volume horaire du sport à l’école est de 12,5% en primaire,  17% en sixième, 7% en seconde – Ndlr] et de promouvoir l’handisport, ainsi que le sport adapté en amenant les associations sportives et les acteurs du mouvement handisport à collaborer ensemble.

Il envisage également la mutation du CNDS en ANDS (Agence Nationale du Développement du Sport), qui aura pour mission de contractualiser ses objectifs avec les acteurs du monde sportif.

[Toutefois, il n’est pas précisé si, tout comme le CNDS, cette agence indépendante aura pour mission de financer le développement du sport français – Ndlr].

Par ailleurs, ce candidat propose de développer le champs de compétence de la région [actuellement, en charge du soutien de sport de haut-niveau – Ndlr], qui deviendra la collectivité de référence en matière de compétence sportive.

[Il y a donc lieu de s’interroger sur le maintien d’un ministère en charge des sports et, dans la négative sur le transfert de ses compétences (subventions de fonctionnement et d’équipement, construction d’enceintes sportives pour les grands événements, convention d’objectif avec les fédérations) à l’ANDS et/ou aux régions – Ndlr].

Afin de soutenir l’économie du sport, François FILLON propose de mettre en place un statut adapté aux bénévoles afin d’éviter le risque de sanction pour travail dissimulé et d’autoriser les centres de formation des clubs sportifs à percevoir la taxe d’apprentissage.

[Etant ici précisé qu’un rapport sur l’opportunité de faire bénéficier les centres de formation attachés à une association ou société sportive du régime de financement des centres de formation des apprentis est actuellement en cours de rédaction (cf. Loi n°2017-261 du 1er mars 2017) – Ndlr].

Source : https://www.fillon2017.fr/projet/sports/

Benoît HAMON

Afin de garantir l’accès au sport pour tous, Benoît HAMON propose de multiplier le nombre d’équipements sportifs au sein et aux abords des écoles, ainsi que d’accroître la pratique d’activités sportives à tous les âges.

Aucune précision n’est apportée concernant la mise en application de cette dernière mesure.

Dans le cadre d’un parcours éducation-santé, ce candidat souhaite également introduire plus de sport au sein du programme scolaire.

Il propose également de développer le sport de haut-niveau et, notamment, la recherche et le développement concernant les nouvelles technologies du sport.

Source : https://www.benoithamon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/projet-web1.pdf

 

Jean LASSALLE

Pour Jean LASSALLE, le sport entre dans l’instruction publique, qui a pour mission d’éveiller un futur adulte responsable, capable de produire et de créer.

C’est pour cette raison que ce candidat met en avant la création de classes préparatoires pour les sportifs, afin de rendre ou entretenir le goût d’apprendre.

Source : http://jeanlassalle2017.fr/linstruction-publique-de-nos-enfants/

 

Marine LE PEN

Afin d’assurer le rayonnement du sport français, Marine LE PEN propose de créer un contrat sportif de haut-niveau d’une durée de trois ans, qui garantira un revenu minimum aux sportifs, afin qu’ils puissent se consacrer pleinement à l’exercice de leur discipline.

[Ce qui rendrait ces sportifs susceptibles de bénéficier du statut de sportif professionnel – Ndlr].

Par ailleurs, cette candidate propose de lutter contre la financiarisation du sport professionnel en apportant, notamment, un soutien aux petits clubs pour garantir la présence d’un maximum de joueurs de nationalité française au sein des clubs professionnels.

Aucune précision  n’est apportée dans le programme concernant la nature dudit soutien.

Marine LE PEN souhaite également renforcer les actions contre la violence dans le sport amateur.
Cette mesure ne fait l’objet d’aucune précision concernant sa mise en application.
Source : https://www.marine2017.fr/programme/

 

Emmanuel MACRON

Dans son programme, Emmanuel MACRON met essentiellement l’accent sur la promotion du sport pour tous et accessible à tous.

En effet, il propose la négociation d’un accord national interprofessionnel visant à organiser et faciliter la pratique du sport en entreprise, ainsi que la création d’une collaboration entre les établissements scolaires et les associations sportives, afin d’ancrer le sport amateur dans le temps scolaire. Par ailleurs, et dans le but d’encourager la pratique du sport féminin et soutenir l’accès au sport pour les familles monoparentales, il propose de créer des crèches de courte durée en lien avec la  CAF (Caisse des Allocations Familiales).

De plus, il souhaite la création de nouveaux projets d’aménagement sur l’ensemble du territoire, ainsi que la construction obligatoire d’équipements sportifs dans les zones nouvelles d’aménagement.

Il préconise également la mise en place de maisons du sport santé destinées aux compatriotes atteints d’affections lourdes, mais désireux de se remettre en forme, ainsi que la modification des formations concernant, notamment, les métiers d’entraîneur, d’éducateur ou de préparateur physique, afin qu’il soit enseigné les modalités d’accueil des personnes en situation d’handicap.

Par ailleurs, et afin de valoriser le sport de haut-niveau et faciliter la reconversion, il a pour projet de faire bénéficier l’ensemble des sportifs d’une formation ou d’un contrat en entreprise.

Cette mesure ne fait l’objet d’aucune précision concernant sa mise en application.

Il souhaite également remanier le mouvement sportif en donnant davantage d’autonomie aux fédérations, au CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français), ainsi qu’aux acteurs locaux. Ainsi l’Etat ne garderait que les missions de coordination, de réglementation et d’évaluation de l’éthique des compétitions.

[Il y a donc lieu de s’interroger sur la continuité de certaines des missions du Ministère en charge des sports comme le versement des subventions de fonctionnement et d’équipement, la construction d’enceintes sportives pour les grands événements… – Ndlr]

Emmanuel MACRON souhaite également valoriser l’action de bénévolat en renforçant la protection des bénévoles en matière de responsabilité personnelle, ainsi qu’en renforçant le mécénat de compétence.
[Aucune précision n’est apportée concernant la mise en application de ces mesures, étant ici précisé qu’en cas de dommage occasionné par un bénévole, la responsabilité de l’organisation sportive ,dont il dépend, peut également être mise en cause – Ndlr].
Source : http://www.en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/sport

 

Jean-Luc MELENCHON

Pour Jean-Luc MELENCHON, le sport est devenu une course à l’accueil des compétitions, alors qu’il devrait être vu comme un facteur d’émancipation.

C’est pour cela qu’il souhaite interdire la cotation en bourse des clubs sportifs, ainsi que toute autre forme de financement extérieur privé comme le naming ou l’approbation commerciale des équipements et compétitions.

Par ailleurs, et afin d’éviter la fuite des capitaux, il propose d’interdire à tout sportif, qui n’est pas domicilier fiscalement en France, d’intégrer la sélection nationale, mais également toute forme de défiscalisation et réduction des cotisations sociales sur les revenus des sportifs professionnels.

[Il y a lieu de s’interroger quant à la pérennité des dispositions de l’article L. 222-2-10-1 du Code du Sport relatives à l’exploitation commerciale de l’image, du nom ou de la voix d’un sportif ou d’un entraîneur – Ndlr].

Ce candidat veut également garantir l’égalité entre le sport féminin et masculin, notamment en matière de télédiffusion, et renforcer les liens de solidarité entre les différents secteurs du sport (sport amateur, sport de haut-niveau, sport professionnel) en augmentant la taxe instaurée par la Loi Buffet (prélevée sur les droits télé), en assurant la souveraineté des licenciés sur leur fédération et en démocratisant la gestion des fédérations.

[Aucune précision n’est apportée concernant la mise en application de cette dernière proposition, de plus l’égalité de télédiffusion ne peut s’imposer à ce jour que sur les chaines publiques – Ndlr].

Source : https://laec.fr/section/78/liberer-le-sport-et-les-corps-de-l-argent

 

Philippe POUTOU

Philippe POUTOU expose peu de propositions concernant l’organisation sportive en France.

Ce candidat met toutefois en évidence le fait que c’est en développant des services publics de proximité et de qualité, gratuits ou à très bon marché, qu’il est possible de créer une société où chacun peut accéder à la satisfaction des besoins essentiels indépendamment des richesses.

[Etant ici rappelé qu’à ce jour le développement du sport en France répond à une mission de service public – Ndlr].

 

 Source : https://poutou2017.org/sites/default/files/2017-03/ProgrammePOUTOU-2017_WEB_0.pdf

 

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